Trilogie · Projet multimédia

Le Trésor de Levasseur

La plus grande chasse aux trésors de France

1721, île de La Réunion...

Un pirate français braque le navire du vice-roi de l'Inde Portugaise :

Un magot de 4,5 milliards d'euros s'évapore.

Il ne sera jamais retrouvé.

Crâne Tribal — Le Tresor de Levasseur

Ce casse, c'est l'histoire de toute une vie et la plus grande chasse aux trésors de France.

Ce casse, c'est l'histoire de la piraterie.

Une histoire vraie.

Le Trésor de Levasseur est une trilogie retraçant le véritable âge d'or de la piraterie, tel que les rois refusèrent de le voir consigné dans l'Histoire.

Afin de faire vivre au lecteur une authentique aventure de pirate, sept énigmes ont été dissimulées à l'intérieur du récit, chacune permettant de retrouver un trésor caché en France.

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La Trilogie

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Tome 1 — Libertalia

Tome 1

Libertalia

Louis Labous était joueur, il était charmeur, un entêté épris de liberté qui devint Olivier Levasseur : un pirate, un rapace, un séducteur et un manipulateur. Surnommé « La Buse », il fut le génial cerveau du plus grand casse de toute l'histoire de la piraterie ; 4,5 milliards d'euros... jamais retrouvés.

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Tome 2 — L'homme à la barbe noire

Tome 2

L'homme à la barbe noire

Des Caraïbes à l'océan Indien, les pirates qui l'accompagnèrent déchirèrent l'Histoire de leurs fureurs… Ils s'appelaient Edward England, Barbe Noire, Benjamin Hornigold, Sam Bellamy et surtout, John Taylor et Anne Bonny, les amours de sa vie.

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Tome 3 — Le dernier pirate

Tome 3

Le dernier pirate

Ensemble, ils posèrent les jalons de la première République pirate : Libertalia. Tous ignoraient qu'un trésor de plusieurs milliards s'y cachait !

Sept énigmes, sept trésors

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Décodez les énigmes léguées par le dernier pirate sur les forums non officiels et gagnez des voyages à La Réunion pour débusquer...

Le trésor de Levasseur

Journal de bord

Carnets d'expéditions · Chasse aux trésors

Souquez ferme !
Carte et café
Réveil à l'aube après une douce nuit dans nos hamacs, passée sous le toit d'un petit abri en plein cœur d'un parc national. Sax ouvre un œil. Je m'étire et sors avec la chienne m'éveiller doucement, en pleine nature. Il n'y a rien de meilleur...

Réveil à l'aube après une douce nuit dans nos hamacs, passée sous le toit d'un petit abri en plein cœur d'un parc national. Sax ouvre un œil. Je m'étire et sors avec la chienne m'éveiller doucement, en pleine nature. Il n'y a rien de meilleur. Bonny fait son petit tour matinal et j'attrape une bouteille d'eau dans la bagnole quand au bout du sentier, surgit un pick-up blanc. Je bondis. Le clebs aussi. Sax sort de l'abri en caleçon, comme un ours. Je grimace en repérant l'insigne de l'ONF sur le capot.

Les gardes forestiers sont détendus, nous saluent amicalement, caressent la chienne et viennent justement voir si quelqu'un a passé la nuit dans cet abri et s'il a besoin d'assistance. C'est vrai qu'à mille six cents mètres, y'a plus grand monde.

Dans ces vallées d'un vert éclatant, les paysages volcaniques vous bercent avec douceur, si bien que l'on s'attarde facilement pour finir piégé, la nuit tombée.

Cinq heures et dix minutes. C'est précisément le temps qui nous sépare du lac de Montbel, que nous avons choisi pour une contre-démonstration. Le terrain de chasse mesure 552 000 kilomètres carrés. Dedans, les îles ne comptent pas.

Aucune île (même à l'intérieur de l'hexagone) ne recèle l'un des 7 trésors de Levasseur.

Ce qui n'empêche pas de s'en servir pour construire nos énigmes – tant qu'on ne vous oblige pas à vous y rendre… Nous voilà donc partis pour une session aquatique. Le premier tour du lac artificiel est splendide : le ciel s'y reflète sur plus de 5 kilomètres carrés et des sirènes se prélassent sur ses rivages.

Bonny, qui a légèrement peur de l'eau, hésite avant d'embarquer. Ouais, mon chien déchire mais c'est un pirate de terre ferme. Il faudra nos encouragements et de la patience pour qu'elle se jette sur le kayak, pile entre nous. Dès les premiers coups de pagaies, elle s'apaise et s'amuse.

« Souquez ferme, devant ! râle Sax. J'ai l'impression de ramer avec la DDE ! »

On rame, on rame, et c'est quelque chose. Entre reflets et haies de pins, la vue qui nous entoure est incroyable. Nous sautons à terre et démarrons la première expédition. On s'égratigne dans les branchages, cherchant une souche et des racines où cacher le kayak – réflexe.

Bonne chasse, camarades.

Village fantôme
Voyage au cœur de la sierra. Un paysage lunaire, gelé en hiver. Un désert brûlé, aride et sec en été. Perchée à quatre cents mètres, la forteresse de Salvaterra surveillait la vieille frontière du royaume d'Aragon...

Voyage au cœur de la sierra. Un paysage lunaire, gelé en hiver. Un désert brûlé, aride et sec en été. Perchée à quatre cents mètres, la forteresse de Salvaterra surveillait la vieille frontière du royaume d'Aragon, devenue le Roussillon au XIIe siècle. Tout autour de ses ruines s'étend le petit village de Périllos, déclaré :

VILLAGE ABANDONNÉ !

Le hameau, qui n'abrita jamais plus d'une centaine de personnes, est situé au cœur d'une vallée hostile. Les deux premières guerres mondiales lui auront coûté des hommes et sa position l'aura éloigné des axes commerciaux. En janvier 63, un gros porteur de l'armée vient s'écraser aux pieds du village. Douze morts. Les causes de l'accident demeurent inexpliquées. En 1970, le dernier habitant descend de sa montagne.

Nous descendons le Languedoc-Roussillon sous les braises du soleil, fenêtres ouvertes et musique à fond. « Suivez-nous ! », répond simplement Cédric, jeune aventurier de la région coiffé comme Tom Cruise et qui y emmène sa femme et leurs enfants.

On s'enfonce dans le hameau. Sur la première maison, un mot, à notre attention : « Site historique 'longue vie' : visiteurs et touristes, soyez les bienvenus dans la commune qui a été si chère à nos ancêtres... »

Cédric a une épiphanie : « On pourrait passer par le trou », lui dit-il tendrement. Regard complice entre Sax et moi : Rock 'n' Roll !

Bonne chasse, camarades.

Grotte aux trésors
Exploration de grotte
On a lâché la Clio il y a deux minutes, dans un sentier escarpé et caillouteux de la vallée de l'Agly, dans les Pyrénées Orientales. La femme de Cédric nous avait prévenus : la voiture ne passerait pas...

On a lâché la Clio il y a deux minutes, dans un sentier escarpé et caillouteux de la vallée de l'Agly, dans les Pyrénées Orientales. La femme de Cédric nous avait prévenus : la voiture ne passerait pas. Les mains rivées aux fenêtres et les pieds sur les garde-boues, on s'accroche tout en engueulant la chienne, qui suit d'un peu trop près.

Nous atterrissons sur un presqu'escalier entre pierre et terres, têtes dressées, prêts à chuter face à toute cette beauté ! Cette caverne est une immense salle (plus de 60m de diamètre), au fond de laquelle une secousse sismique a fait s'effondrer une gigantesque stalactite, il y a plus de mille ans.

« Oh merde ! s'écrit Sax, émerveillé. J'espère que t'as pris ton bonnet parce que quand je vais ronfler là dedans, mon pote… »

Il y aurait aussi un trésor caché… Cédric nous explique qu'une légende locale voudrait que l'abbé Saunière ait caché le trésor de Rennes-le-Château dans la grotte de la Caune…

Quarante minutes plus tard, le bivouac est monté et le feu, allumé. Me voici seul, envahi par une pensée et des centaines d'aventuriers : Olivier Levasseur, bien sûr le premier ; l'abbé Bérenger Saunière, ensuite ; Jack Rackham & Anne Bonny suivirent ; Barbe-Noire, évidemment…

Ma tête s'emplit de noms de cacheurs de trésors, avant de rêver à ses chasseurs. Et dans cette abyssale quiétude, la nuit m'enveloppe et me berce, sans pour autant m'emporter.

Bonne chasse, camarades.

Bateau pirate
Bateau pirate abandonné
Repéré il y a trois ans, nous n'avions jamais pu y passer. Inutile d'attendre une localisation précise, nous ne dirons rien. Une balade à bord d'un vaisseau noir, ça vous dit ?

Repéré il y a trois ans, nous n'avions jamais pu y passer. Inutile d'attendre une localisation précise, nous ne dirons rien. D'abord parce que laissé à l'abandon, le bâtiment menace de couler ; ensuite car il n'est accessible qu'en passerelles, depuis le jardin d'une propriété privée.

Il s'agit d'un ancien restaurant, installé à l'intérieur de cette imitation de galion espagnol à poupe droite, sans balcon ni pas de tir arrière. Trois mâts squelettiques et une pointe, à la place du beaupré.

L'endroit perd de son charme entre la pénombre, les tags sur les murs et les éclats de verres éparpillés. Nous traversons une soute, contournons et nous perdons, jusque dans la batterie, d'où nous déboulons dans la soute à canons.

Partout où nos yeux se posent sur le pont, des lames de bois manquent ou sont sur le point de disparaître. Sax s'arrête sur un plot retourné. Je m'assois sur le plateau du mât d'artimon, partageant l'instant avec lui. On rigole et on profite de ce symbole délabré de la confrérie, refusant à jamais de sombrer.

Bonne chasse, camarades.

Un jour pas comme les autres
08:38 — Rencard devant le siège d'une chaîne télé : nous embarquons deux journalistes en reportage. C'est un lundi de fin août ; un lundi de pluie. Nous ressortons de douze jours entre le Sud-Ouest et le Midi...

08:38 : Rencard devant le siège d'une chaîne télé : nous embarquons deux journalistes en reportage. C'est un lundi de fin août ; un lundi de pluie.

08:54 : Départ !

11:00 : Bienvenue dans le Morvan : trois mille kilomètres carrés de forêts, montagnes et vallées, pris entre légendes, mythes et grands moments d'Histoire.

On s'harnache et, le temps que Romane et Mourad se préparent, nous nous éclipsons discrètement vérifier un détail ou deux. Si seulement deux interpellent, trois ponts figurent à cet endroit...

16:13 : « Il y a 160 kilomètres d'ici à Chicago, lance Sax avec emphase, nous avons un réservoir plein d'essence, un demi paquet de cigarettes, il fait noir, et nous portons des lunettes noires… En route. »

20:17 : La tempête s'est estompée. Dîner sous les étoiles, prévu pour quatre : pâté de campagne au piment d'Espelette ; saucisson de taureau ; magrets de canards ; pommes de terre sautées au poivre ; tarte tatin.

Bonne chasse, camarades.

Enterrement de première classe
Crânes de bronze
Vapeurs d'asphalte et arôme des champs, mélodie d'eaux et danse en transe, des branches secouées par le vent. Nous marchons sur les routes depuis combien de temps ? Lentement, la nuit tombe sur le campement...

Vapeurs d'asphalte et arôme des champs, mélodie d'eaux et danse en transe, des branches secouées par le vent. Nous marchons sur les routes depuis combien de temps ? Mille visages en mille et un paysages ; rieurs, inquisiteurs ou joueurs, folles et fous à lier.

Lentement, la nuit tombe sur le campement. Autour du feu, des crânes de bronzes et d'aciers scintillent par résonnance aux flammes. Enivrantes torpeurs des « nuits sans fonds » :

Ce soir, nous enterrons un trésor.

Le premier coup déchire la terre, criant aux poètes notre révélation magnétique. C'est aussi ainsi que les hommes vivent : à coups d'amours et de mythes, de passions et d'hystéries, de rêves et de frénésies. À grands coups de pelles, ce coffre est déposé sous terre.

Ce soir, nous avons enterré un trésor.

Retour autour d'un feu crépitant, réchauffant nos âmes heureuses. À l'aube, nous retrouvons la tombe, parfaite et invisible. Puis nous roulons vers le premier village venu, à la recherche du premier bar venu, en chasse d'un litron de café. Le seul rade ouvert s'appelle « Le bateau ivre ». Nous y entrons, hilares.

Bonne chasse, camarades.

Enterrement de deuxième classe
Fouille nocturne
Une nuit, un membre d'équipage demanda à Barbe-Noire : « Capitaine, si vous mourrez demain, comment votre femme retrouvera-t-elle vos trésors ? »

Une nuit, un membre d'équipage demanda à Barbe-Noire : « Capitaine, si vous mourrez demain, comment votre femme retrouvera-t-elle vos trésors ? »

Ce à quoi l'intéressé répondit dans un tonitruant éclat de rire : « Seuls le Diable et moi savons où ils sont. Et celui qui aura la vie la plus longue aura le tout. »

La chienne ouvrait la marche : seuls les morts – et les bêtes – ne parlent pas… Une horde furieuse tambourinait dans nos esprits, chantant en criant une danse guerrière. Un rythme lent et répétitif, cadençant une démarche assurée, pliés par le poids d'un crâne doré, du matériel entassé, des rations d'eau, d'une pelle…

Silence. Écrasante immensité. Ne plus penser, ne plus chercher, ne plus s'inquiéter. Bientôt, tout sera prêt. Ne plus penser : creuser ! Enfouir, immerger, dissimuler, encore et encore, comme des acharnés.

Deux flibustiers s'en vont, énigme en main, sur un air endiablé, quittant définitivement un théâtre qui, un jour, ne sera connu que du Diable, de nous, et de l'un d'entre vous.

Bonne chasse, camarades.

Enterrement de troisième classe
Seuls, au milieu de l'immensité, abrités par l'étendard noir claquant au vent. Les hamacs se balancent doucement autour d'un feu où la chienne joue gaiement...

Seuls, au milieu de l'immensité, abrités par l'étendard noir claquant au vent. Les hamacs se balancent doucement autour d'un feu où la chienne joue gaiement. Seuls au cœur de la nuit, écoutant l'eau chanter entre montagnes et forêts. Demain, un trésor s'évapore.

Dos pliés et bras armés, les bottes s'enfoncent dans la terre molle quand elles ne dérapent pas sur les pierres humides. La fatigue accumulée trahit les sens. Dévaler prudemment, grimper lentement, tomber six fois, se relever sept, contourner et avancer. Toujours avancer.

Les silhouettes s'acharnent sur une marque, croisant le fer et la terre de toutes leurs forces. Entre eux, la chienne prend sa part, entamant le trou avec frénésie. Ils noient le trésor à grands coups, répondant aux hululements de chouettes inquiètes.

Les deux Frères regagnent le rivage, rêvant d'une courte éternité : les pirates n'enterraient pas leurs trésors à tout jamais. Ils dessinaient des cartes cryptées, des messages codés, destinés à eux-mêmes ou à des proches. Ils n'abandonnaient jamais. Tomber six fois, se relever sept, contourner et avancer. Toujours avancer.

Bonne chasse, camarades.

Enterrement de quatrième classe
Dans les profondeurs
Crépuscule noir — que sortent les bêtes de la nuit, ombres mouvantes s'enfonçant dans les ténèbres. L'âme marquée par la pierre et la terre d'ici, fumante sous les nuages...

Crépuscule noir — que sortent les bêtes de la nuit, ombres mouvantes s'enfonçant dans les ténèbres. L'âme marquée par la pierre et la terre d'ici, fumante sous les nuages ; funestes courants d'air emportant les rêves. Le coffre de fer verrouille l'un de ces crânes dorés, lourd de tout son passé.

Ce soir, tu dormiras dans la montagne.

Les doigts courent et glissent sur la mousse de la rocaille et l'escalier naturel s'effrite à chaque pas, avant la grande porte d'eau menant au quatrième niveau : une cavité, cachée au fond d'une grotte. Les sens en éveil, roc et calcaire griffent la chair et le fer. Le cœur tambourine dans ce grand silence.

Je suis une insignifiante petite chose traînant son coffre dans les entrailles d'un paradis, en enfer. Un tremblement de terre et, ensevelis, le trésor sera à tout jamais gardé par un capitaine endormi. Pétrifiante quiétude.

Le bronze dans la tombe, je ressurgis de la montagne tel un mineur désarmé — le dos courbé, vertèbres écrasées. Nous sourions aux étoiles, délivrés, mais ne célébrons pas.

Bonne chasse, camarades.

Sauvages et accessibles
Crâne immergé
Nous passions par les gorges du Verdon, incapables de résister aux charmes du lac de Sainte-Croix : quatrième plus grand lac artificiel de France, c'est un cimetière marin d'un bleu émeraude...

Nous passions par les gorges du Verdon, incapables de résister aux charmes du lac de Sainte-Croix : quatrième plus grand lac artificiel de France, c'est un cimetière marin d'un bleu émeraude, changeant quotidiennement avec le temps.

Deux drames mondiaux plus tard, le projet de barrages sur le Verdon fut réactivé. Le vieux village de Salles-sur-Verdon n'eut pas la chance des autres : le 1er mars 1974, ses derniers habitants furent évacués de force !

Je range le matériel qui craint l'eau dans le véhicule. Sax s'équipe d'un crâne qu'il place dans un sac en bandoulière. Et on plonge. L'eau, bien que somptueuse, est assez fraîche.

— Cela dit, ça doit être beau un village sous la mer, façon « route de Bimini ».
— J'connais un gamin asthmatique qui va adorer cette chasse aux trésors, tu sais…
— Je sais, je sais, on a dit « accessibles » !
— « Sauvages et accessibles », même…

Les gorges du Verdon forment l'un des reliefs les plus impressionnants de l'hexagone. Le plus beau canyon d'Europe, où la roche, beige, verte ou orangée selon l'heure de la journée, se réverbère dans le bleu turquoise de sa rivière.

Bonne chasse, camarades.

Bivouac de pirates
Cascade secrète
Étendus à demi-nus, se prélassant sous un soleil brûlant et les fraîches éclaboussures de ses trombes d'eau, les forbans dormaient souvent près d'une cascade...

Étendus à demi-nus, se prélassant sous un soleil brûlant et les fraîches éclaboussures de ses trombes d'eau, les forbans dormaient souvent près d'une cascade. Enragés par l'or rouge, le rhum et les femmes d'une nuit endiablée, ils s'y écharpaient jusqu'à mêler leur sang aux flots du grand bassin glacé.

Rechercher des cascades, c'est suivre les cours d'eau jusque sous terre. C'est traverser des forêts denses en oubliant les sentiers, s'enfoncer dans la jungle sans crainte, ouvrir l'œil et tendre l'oreille vers le tout petit bruissement libérateur.

Certaines se sont dévoilées à nous un peu prématurément, d'autres se sont cachées jusqu'au dernier moment. Lorsqu'elles se révélèrent enfin, toutes avaient un profil différent : radieuses ; « amazoniennes » ; épouvantablement touristiques ; isolées ; puissantes et imposantes ; miraculeusement désertes ; idylliques ; maigrichonnes ; étincelantes ; immenses ; torrentielles ; paradisiaques… En un mot et pour toutes : féeriques !

NE PRENEZ JAMAIS DE RISQUES INUTILES ! Les cascades peuvent s'avérer dangereuses.

En amont, il arrive que la végétation cache d'autres cascades, encore plus abritées, plus discrètes et plus secrètes. Les pachas installaient leurs toiles en amont, à l'abri de tentes. Là où ils pouvaient surveiller l'équipage ; tout voir sans être vus. Le fracas de la cascade recouvrait leurs murmures.

Jusqu'au jour où ils levèrent le camp, coffres manquants.

Bonne pêche, camarades.

Stop frontière
Une ligne rouge de six cents kilomètres de long, tracée de l'Atlantique à la Méditerranée, sépare la France de l'Espagne. C'est la plus longue frontière terrestre de métropole...

Une ligne rouge de six cents kilomètres de long, tracée de l'Atlantique à la Méditerranée, sépare la France de l'Espagne. C'est la plus longue frontière terrestre de métropole, que nous longeons côté français, sans jamais pouvoir la traverser.

Chaque région, chaque déplacement demande des mois de préparation et d'organisation. Treks, recherches, fouilles, bivouacs, imprévus et péripéties en tous genres font notre quotidien, jusqu'à l'acte final du trésor qui y est destiné.

Aujourd'hui, écrasés par le poids des pics millénaires où Roland laissa sa peau à force de souffler dans son cor, nous abandonnons un secret, enfin englouti.

On évoque les rencontres inattendues : « Franky le fada » ; Cédric, l'homme de la grotte ; Arthur, l'homme des bois ; et Véronique et ses cafés à 50 cents pour ceux qui disent « s'il vous plaît, madame »…

Nous longeons la lisière et caressons la pierre, rassemblant l'Histoire de France, de l'Europe et du Nouveau-Monde aux frontières d'une grande aventure flibustière.

Bonne chasse, camarades.