LES PERSONNAGES

Olivier Levasseur

Benjamin Hornigold

Jack Rackham

Charles Vane

OLIVIER LEVASSEUR

Officier de la marine royale, Louis Labous devait à l’origine servir la France. Il n’obéit finalement jamais qu’au drapeau noir ! Comme beaucoup de pirates, il changea de nom, devenant Olivier Levasseur avant de traîner ses guêtres sur Libertalia : la première République Pirate. C’est là que tout bascula, de la naissance de sa fille – qui aurait le sang chaud quoi qu’il arrive – au secret le mieux gardé de la République : le trésor de Libertalia. Une montagne d’or, de rubis, de diamants… Des milliards, à ne plus savoir qu’en faire. Un trésor maudit, volé dans le sang et qu’Olivier Levasseur n’oublierait jamais ; il passa sa vie à le chercher.

Cultivé, tacticien hors pair et navigateur de talent, Levasseur était le maître de manœuvre du capitaine Hornigold, roi des Frères de la côte à l’époque où Barbenoire et Sam Bellamy étaient encore ses seconds… Après quoi, Levasseur & John Taylor descendirent la côte ouest-africaine, le temps de quelques raids vengeurs contre les ports négriers. Nul doute qu’ils traquaient déjà la Cassandra, nouvelle piste vers le fameux butin de Babylone. Le 26 avril 1721 et après des années de traque, Levasseur mit enfin son plan à exécution : le braquage du siècle s’apparentait à un ship jacking en pleine rade de Saint-Denis et les pirates s’emparèrent de 4,5 milliards d’euros…

«Pendant des années, j’ai traqué le plus formidable trésor qui ait jamais existé ; des centaines de millions de livres en rubis, or et diamants. Je sais comment le retrouver et je vais le prendre. Si vous voulez en être, bienvenus à bord.»

BARBENOIRE

Fait d’armes : Blocus de Charleston en 1718…
Particularité : Citoyen d’honneur britannique

Angoissant, méprisant et effrayant, il avait inventé son nom, mais pas oublié son passé. Lettré, il ne laissa aucun journal de bord et ne confia jamais ses desseins à quiconque. Une histoire complexe et mystérieuse, ou le récit d’un homme qui voulait simplement rentrer chez lui.

Teach fut le second d’Hornigold, à la période où celui-ci écumait les Bahamas en compagnie de Levasseur. Il attendit la réunion de Providence (organisée par Woodes Rogers) pour se lancer à la conquête du Nouveau Monde… seul ! Edward « Barbenoire » Teach était un fou violent, impuissant, génie ignoré et méprisé ; un ogre éternellement affamé.

« Les morts ne parlent pas. Ils ne mentent pas, ne menacent pas, ne négocient pas. Ils agissent. »

JOHN TAYLOR

Fait d’armes : 4,5 milliards d’euros jamais retrouvés
Particularité : Psychopathe assumé, amoureux d’Olivier Levasseur

« Regarde-moi bien : Parce que j’ai pas une gueule qui porte bonheur. »

En Irlande, l’envahisseur anglais avait un petit jeu pour les enfants pas sages : le « sourire de Glasgow ». A l’aide d’une lame, les soldats leur tranchaient les joues, agrandissant le sourire des fils de dissidents. Ces balafres asymétriques, John Taylor les assumerait toute son existence. Elles devraient changer radicalement son rapport à la vie, et plus encore à la mort.

John Taylor était un prédateur. Il n’assassinait que pour l’enivrant plaisir de voir se diluer la dernière lueur d’âme dans le regard de sa victime. Dans le tumulte d’une bataille navale, il transformait les duels aux sabres et aux mousquets en fascinants ballets, danses effrayantes qu’il dirigeait en véritable artiste de la mort.

Sa rencontre avec Olivier Levasseur ébranla sa vie, submergée par un tourbillon de sentiments contradictoires, de la haine viscérale à l’amour absolu

John Taylor découvrit  qu’il pouvait aussi aimer… à en crever !

« Regarde-moi bien : parce que j’ai pas une gueule qui porte bonheur. »

ANNE BONNY

Fait d’armes  : Princesse des pirates
Particularité : Héritière millionnaire

La fille aux cheveux rouges portait des armes, sifflait du rhum et jurait comme un homme. Très jeune, Anne Cormac hérita. Elle était millionnaire et s’en foutait. Sa vie, c’était celle des hommes qui l’avaient élevée. Du sable liberi aux docks de Charleston, une poignée de forbans qui l’avaient toujours fait rêver :

Ils s’appelaient Levasseur, Taylor, Hornigold, Rogers, England… Ils lui avaient tout appris. A tel point que petite, elle se rêvait un jour leur égale, entre batailles et conquêtes, pistant des trésors sur toutes les mers du monde… Tous l’abandonnèrent !

Lorsqu’elle eut enfin l’âge de raison, Anne Bonny épousa la piraterie par vocation. Et aussi un petit peu par amour… Il était beau, il était fourbe. Il était doué, lâche et envoûtant :

Elle l’appelait Jack. Il s’appelait Rackham.

« Je regrette de te voir dans cet état, mon amour.
Mais si tu t’étais battu comme un homme,
tu n’aurais pas à mourir comme un chien. »

BENJAMIN HORNIGOLD

Fait d’armes  : Chef de la Flibuste aux Bahamas de 1714 à 1718
Particularité : Infatigable chien de mer

Benjamin Hornigold était un incompris ; tant par ses contemporains que par l’Histoire !

On le dit mutin ; lui se voyait libre.
On le dit pirate ; lui se croyait libre.
On le proclama chef des Frères de la côte aux Bahamas ; lui se pensait libre.

Pour Benjamin Hornigold, la liberté ne pouvait avoir de prix. Elle représentait d’interminables courses lancées en mer, contre un ennemi invisible que même la vigie avait perdu des yeux. Elle représentait ces nuits glacées après des jours brûlants, sans jamais lâcher la barre ; à boire, manger et pisser sur place. La liberté, c’était sa vie. Le borgne devint un chien de mer. Le chien de mer devint un chef. Le chef de la flibuste. L’homme qui aurait pu faire plier les monarchies.

L’homme qui portait sur ses épaules tous les espoirs de la confrérie. Le souverain noir.

« Les politiques sont comme les piafs ;
ils vous mangent dans la main quand ils sont à terre
et vous chient dans la gueule quand ils sont en l’air ! »

JACK RACKHAM

Fait d’armes  : 1 million d’euros
Particularité : Capitaine ayant enrôlé ses maîtresses : Anne Bonny & Mary Read

« La belle-gueule au calicot » marqua l’Histoire comme l’un des plus terribles pirates, semblable à son mentor assoiffé de sang, Charles Vane. Jack Rackham était cependant tout l’inverse. Après avoir démis son patron, l’essentiel de l’équipage déserta. À leur décharge, Woodes Rogers venait d’offrir ses pardons, les receleurs devenaient introuvables et la guerre allait reprendre un peu partout.

Jack n’avait qu’un objectif, sauver l’amour de sa vie, Anne Bonny. Mais elle ne voulait qu’embrasser la confrérie. C’est ainsi que le capitaine au calicot réembarqua avec une poignée d’hommes, et deux femmes malgré lui. Anne, bien entendu, mais aussi Mary, sa concubine. Il pensait faire de ce trio sa force, ce fut sa malédiction.

« Le meilleur plan, c’est toujours celui qui ne coûte pas de sang. »

CHARLES VANE

Fait d’armes  : L’urca de Lima
Particularité : Sanguinaire

L’homme qui voulait un trône… Charles Vane avait été corsaire avec Henry Jennings, avant de le seconder dans la prise de Nassau. Tandis que le patron recrutait dans les Antilles, Charles perdit le fort au profit d’autres capitaines de la confrérie. Il monta un petit équipage, attaqua des navires avec une violence inouïe et parvint à reprendre le fort, avant qu’Hornigold ne s’en empare à son tour.

Déjà célèbre, Charles Vane s’illustra en s’emparant des restes de l’Urca de Lima, à la barbe d’Hornigold qui n’avait pas pu tout emporter. L’inévitable conflit gagna un sursis avec l’intervention de Woodes Rogers, mais les deux pirates étaient destinés à en découdre.

« Si tu plantes un mec, Jack, remonte le tranchant de bas en haut. Toujours de bas en haut : sinon, ça fait pas assez mal ! »

WOODES ROGERS

Fait d’armes  : A « aboli » la piraterie
Particularité : Premier gouverneur des Bahamas

De l’audace, de l’audace, toujours de l’audace. De ses premiers pas de bambin intrépide aux coursives du fort de New Providence, Woodes Rogers ne cessa de provoquer la vie jusqu’au bout de l’audace. C’est ainsi qu’il s’enrôla  en 1707 au côté de l’aventurier Dampier ; qu’il arracha le pauvre Robinson Crusoé à son île ; qu’il édita, sans l’accord de la reine Anne, des édits de pardon amnistiant des forbans ; et qu’il obtiint de son successeur, le roi George, le trône des Bahamas.

« Expulsis Piratis, Restitua Commercia. »

EDWARD ENGLAND

Fait d’armes  : 6 millions d’euros
Particularité : Capitaine pirate résolument pacifique

Edward (Seegar) England tenait plus du receleur aguerri que du forban sanguinaire. C’était un gestionnaire, pas toujours doué.

Un capitaine d’une singulière bonté, si l’on en croit les témoignages d’époque, qui commandait pourtant des fous furieux de la trempe de John Taylor. Du strict point de vue des caractères, leur association fut encore plus surprenante que le binôme Taylor-Levasseur.

Dans la flibuste, ça n’est pas vraiment un secret :

« Un pirate, ca flingue avant de se faire tuer. »

THOMAS TEW

Fait d’armes : Un carnage pour 79 millions d’euros
Particularité : Père du roi malgache Rastimilaho

Thomas Tew était un pirate anglais qui parcourut le monde à la fin du XVIIe, à bord d’un sloop volé ; l’Amitié. Partout où il passa, cet ancien corsaire se présenta comme « amiral et prince consort de la république Libéri ».

Peu de gens lui firent crédit. Pourtant, il était bien l’époux de la reine malgache Rahena et le père de son enfant, Ratsimilaho. Il était aussi leur pire ennemi…

« Le plus fabuleux magot que vous puissiez imaginer. Pas vrai, camarade ? »

Sir HENRY MORGAN

Fait d’armes : Auteur du Code de la piraterie
Particularité : Gouverneur de la Jamaïque

Fils de fermier devenu soldat puis corsaire, le capitaine Morgan attaqua Cuba, le Venezuela, le Panama, le Pérou et les Caraïbes, que l’Angleterre souhaitair reprendre aux Espagnols. En 1672, son zèle (intempestif en temps de paix) le conduisit en prison. Deux ans plus tard, le roi Charles II le libéra et en fit le gouverneur de la Jamaïque :

Sir Henry Morgan !

L’ancien corsaire s’établit à Port Royal, comme une autorité morale pour tous les pirates du Nouveau Monde. La rade jamaïcaine devint alors le havre de toute la flibuste, au point que Morgan dut éditer une charte ; un Code dictant la conduite à tenir en mer et sur terre pour tous les membres de la confrérie des Frères de la côte. Plus d’un siècle avant la Révolution française, son article I présentait les pirates comme « libres et égaux en droits, quels que soient leurs fonctions ou leurs grades, leur âge, la couleur de leur peau, leur obédience religieuse ou leur opinion politique ».

Sir Henry Morgan ne révélera donc jamais sur la véritable origine de sa fortune : la traite d’esclaves…

« On ne civilise pas des pirates, on les commande et, au besoin, on contourne la loi au nom du roi. »

OLIVIER MISSON

Fait d’armes  : Fondateur de la république de Libertalia
Particularité : Receleur de 4,5 milliards d’euros

A bord de La Victoire, Misson n’était rien jusqu’à ce qu’un accrochage malencontreux envoie tous les officiers par le fond et le propulse derrière la barre et les cartes, au rang de capitaine. Flanqué de son ami Caraccioli, un moine alcoolique défroqué, Misson ne savait pas où aller.

Ce fut d’abord Anjouan et ses délices, avant de virer sur Madagascar, pour éviter la guerre. Misson le pacifique parvint à fonder une république qui, malgré lui, devint un mythe : Libertalia.

« Non, on n’est pas riches. On est dans une merde noire. »

B.CARACCIOLI

Fait d’armes : Fondateur de la république de Libertalia
Particularité : Moine défroqué alcoolique et drogué jusqu’à l’os

Sans Misson, Caraccioli n’était pas grand-chose. Avant la vie monastique, l’existence de Caraccioli était totalement vouée au rhum, aux femmes et au zamal. Après aussi, ceci dit. La métamorphose se fit sur les rivages d’Anjouan. Et la mue s’opéra sur le sable libéri.

Sans qualités ni aptitudes, Caraccioli s’imposa malgré lui comme la seconde figure de la république ; le seul capable de garder le cap pacifiste malgré l’immigration, toujours plus importante, de nouveaux pirates …

Caraccioli veillait sur ses ouailles et son trésor, avant que tout ne tourne mal.

« Des mutins ou des pirates ! C’est ton choix, capitaine. Vu la peine encourue dans les deux cas, et considérant qu’il faut bien manger, boire et baiser de temps en temps, je ne vois pas pourquoi tu as besoin de penser. Nous sommes entrés en piraterie sans même l’avoir envisagé, voilà tout. Tiens. Fume, c’est du bon. »

WILLIAM CORMAC

Fait d’armes : Père officiel d’Anne Bonny, née Anne Cormac
Particularité : Procureur de formation devenu planteur millionnaire

Ami de jeunesse de Louis Labous – devenu Olivier Levasseur –, Cormac fuit la guerre opposant son Irlande natale à l’Angleterre. C’est dans ce cadre qu’il atterrit à Charleston, à la fin du XVIIe siècle.